1. Communiqué
  2. FAQ
  3. Charte du collectif
    1. Les revendications
    2. Les modalités d’occupation

De Barbey à Fieffé, vers une convergence des luttes sur le long terme

Depuis le mois de mars, comme dans une centaine d’autres villes de France, notre collectif OccupationBordeaux2021, composé d’intermittent·e·s de l’emploi et du spectacle, de précaires et de syndicats, occupait la Rock School Barbey.

Après 77 jours d’occupation, nous avons décidé de ne pas bloquer la reprise des concerts le 9 juin, mais de poursuivre notre lutte.

L’occupation ne s’arrête pas, bien au contraire, elle se transforme et se pérennise.
Depuis le 7 juin, vous pouvez nous retrouver sur le site Fieffé, au 30 rue Armand Caduc à Bordeaux.

Nous restons plus que jamais mobilisé·e·s et poursuivons notre occupation en journée.

La culture a officiellement repris, nous en sommes heureux·ses.
Mais pour de nombreux·ses artistes et technicien·ne·s, intermittent·e·s du spectacle, la reprise n’a pas eu lieu.
Pour de nombreuses professions liées à ces spectacles ou événements, la reprise n’a pas eu lieu.
Pour de nombreux·ses intermittent·e·s de l’emploi, la reprise n’a pas eu lieu.
Nos revendications restent donc cruellement d’actualité.

Depuis mars, de nombreux lieux culturels sont occupés à travers toute la France et contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, dans cette lutte, nous ne défendons pas les seuls intérêts des artistes et technicien·ne·s spectacle. Il s’agit ici d’une lutte globale, défendant les droits de tous les précaires, celles et ceux dont le métier s’exerce de façon discontinue, celles et ceux à qui l’on ne propose que des contrats de courte durée ou encore celles et ceux qui ne connaissent plus l’emploi. Depuis deux mois, nous travaillons en effet à des revendications pour les droits sociaux, et notamment — entre autres — contre la réforme en cours de l’assurance chômage : à l’heure actuelle, les réponses du gouvernement ne sont pas suffisantes.

Au-delà du travail juridique et des actions publiques « traditionnelles » (manifestations, poses de banderoles, actions artistiques revendicatives, tractage, etc.), d’autres activités ont été mises en place : formation interne et partage d’expériences, conférences-débats et projections, agoras, ateliers de musique, de danse, de théâtre ; relations avec d’autres champs professionnels et sociaux ; réflexions sur l’avenir de nos sociétés, etc.

Ce que nous avons entamé au Grand Théâtre puis à Barbey, l’expérimentation d’une nouvelle forme de laboratoire social et culturel, nous voulons le continuer dans ce nouvel espace de travail à Fieffé.

Ici, nous pouvons commencer à penser la convergence des luttes sur le long terme, en mettant concrètement en œuvre l’articulation entre les droits sociaux, les droits culturels et les droits du vivant.

Le croisement humain qui s’est spontanément constitué à la Rock School, les relations qui se sont construites entre salariés et chômeurs, étudiants et précaires, collectifs et individus, prouvent la nécessité de ne pas cloisonner les différents champs, mais au contraire d’en favoriser les rapprochements afin que, telle une permaculture sociale, ils se nourrissent mutuellement.

La porte du lieu est ouverte, les nouvelles forces et idées bienvenues.

Nous sommes ravi·e·s de vous accueillir aux AG du lundi à 12h00 pour continuer de penser la lutte autrement, avec toutes les possibilités d’organisation que ce lieu nous offre.

Nous sommes éveillé·e·s et nous sommes présent·e·s, à Fieffé et en dehors.

Les occupant·e·s de Bordeaux 2021

FAQ

Pourquoi occupez-vous le site Fieffé ?

Pour rendre visible la lutte contre la précarité, dans la continuité de l’occupation du théâtre de l’Odéon.

Où est cette occupation ?

C’est à Bordeaux, 30 rue Armand Caduc

Quand est-ce que je peux venir ?

Il y a une permanence de 10h à 19h, du lundi au vendredi.

On t’invite à lire la charte d’occupation (plus bas) avec les revendications et les modalités d’occupation.

Je n’ai pas beaucoup de temps, est-ce que je peux faire quelque chose quand même ?

Déjà, juste passer, ne serait-ce qu’une heure, ça nous fait plaisir et ça nous remonte le moral, on se sent soutenus.
Toute participation logistique est la bienvenue (nourriture, prêt de matériel, etc)

Qui êtes-vous ?

Nous sommes intermittent·e·s du spectacle et de l’emploi, artistes et technicien·ne·s du spectacle, auteur·ice·s, auteur·ice·s-photographes, artistes plasticien·ne·s, salarié·e·s d’associations culturelles, étudiant·e·s en formation culturelle, enseignant·e·s artistiques, chômeur·se·s, intérimaires, vacataires, en résumé des personnes en lutte toutes unies contre la précarité.

Notre collectif regroupe également les forces des organisations syndicales et des collectifs suivants : CIP Gironde, SNM-FO, CNT Culture Spectacle, CGT Territoriaux Opéra de Bordeaux, FSU 33, SUD Culture Solidaires Béarn et Gironde, Samna-CGT, Synptac-CGT Aquitaine (CGT Spectacle) et bien d’autres à suivre !

La charte du collectif

Ce jeudi 25 mars 2021, l’AG réunie au square Dom Bedos a décidé de la création du collectif « Occupation Bordeaux 2021 ».

Celui-ci s’inscrit dans la continuité de la lutte initiée par le Théâtre de l’Odéon.

Depuis vingt jours, les théâtres et établissements culturels sont occupés sur tout le territoire. Près d’une centaine de lieux désormais !

Dans cette lutte, c’est bien d’un choix de société qu’il s’agit. L’écho des occupations est énorme sans que soient encore bien compris le terreau de cette lutte et ses ambitions.

C’est donc le moment de rappeler nos revendications :

Revendications

  1. Le retrait pur et simple de la réforme de l’assurance chômage.
  2. La prolongation de l’année blanche à tou.te.s les intermittent.e.s du spectacle, au-delà du 31 août 2021 et au minimum pendant 1 an après la reprise totale du secteur culturel.
  3. L’élargissement immédiat de cette année blanche à tou.te.s les intermittent.e.s de l’emploi (extras de l’hôtellerie, de la restauration, de l’événementiel, guides conférencier.ère.s, saisonnier.ère.s, intérimaires…), ainsi que la prolongation d’un an des droits de tou.te.s les chômeur.se.s.
  4. Une baisse du seuil d’heures minimum d’accès à l’indemnisation chômage pour tou·te·s les primo-entrant.e.s ou intermittent.e.s en rupture de droits.
  5. Des mesures immédiates pour garantir l’accès aux indemnités pour congés maladie et maternité, à tou·te·s les travailleuses et travailleurs à l’emploi discontinu, et auteurices.
  6. Pour les auteurices, un véritable statut professionnel, la mise en place de rémunérations minimums et la résolution des spoliations des droits à la retraite.
  7. La reprise totale des activités avec un financement du secteur culturel passant par un plan massif d’aide à l’emploi, applicable dès maintenant pour les répétitions, les résidences et les périodes de création, les enregistrements, les captations en concertation avec les organisations représentatives des salarié·e·s de la culture.
  8. Des moyens pour renflouer les caisses sociales et garantir nos droits sociaux.
  9. Le soutien total, jusqu’à satisfaction, aux revendications des étudiant·e·s notamment en art et des jeunes en lutte, en occupation. Notamment, en mesure d’urgence et en attendant mieux, l’accès au RSA pour tous les jeunes 18-25 ans.

Modalités d’occupation

  1. Le respect des conditions sanitaires (port du masque, gestes barrières, respect de la jauge d’accueil du/des lieu(x) occupé(s))
  2. Le respect du personnel, des étudiant.e.s, et du travail de toute personne en activité sur le(s) lieu(x) occupé(s)
  3. Le respect impératif des modalités d’accueil négociées avec la direction de chaque lieu accueillant le collectif.
  4. Toute modification des modalités d’accueil ne pourra intervenir qu’après renégociation avec la direction de chaque lieu accueillant le collectif.
  5. Le respect de la pluralité des idées et des propos tant qu’ils ne véhiculent pas de contenus discriminants.

Le collectif « Occupation Bordeaux 2021 » est ouvert à tou·te·s, sous condition d’être en accord avec les revendications et de respecter les modalités d’occupation.

Il regroupe les forces de personnes de tous horizons : intermittent·e·s du spectacle et de l’emploi, artistes et technicien·ne·s du spectacle, auteurices, auteurices-photographes, artistes plasticiens, salarié·e·s d’associations culturelles, étudiant·e·s en formation culturelle, enseignant·e·s artistiques, chômeur·se·s, intérimaires, vacataires, en résumé des personnes en lutte toutes unies contre la précarité.

Il regroupe les forces des organisations syndicales et des collectifs suivants :

CIP Gironde, SNM-FO, CGT Territoriaux Opéra de Bordeaux, SUD Culture Solidaires Béarn et Gironde, Samna-CGT, Synptac-CGT Aquitaine.